Un article édifiant sur la façon de gérer une crise nucléaire dans l'Empire du Soleil levant:
Ses découvertes ont été publiées l'an dernier dans l'édition en ligne de la revue de la Société internationale d'épidémiologie environnementale (ISEE), mais a été balayée par les autorités régionales et des experts, ces derniers doutant que les cas soient liés à la catastrophe et attribuant ce pic à un "surdiagnostic" (...)
Certains experts nucléaires se sont également dit surpris de l'attitude irresponsable et indifférente des autorités envers les victimes (...) La catastrophe de Fukushima est la pire crise depuis celle de Tchernobyl en 1986, mais le gouvernement japonais n'en a pas tiré les leçons(...)
La direction de la centrale de Fukushima avait été avertie au préalable des risques de défaillance des générateurs d'électricité d'urgence et des systèmes de refroidissement dans cette région sismiquement active, rappelle Olga Kosharna, experte auprès de l'Autorité d'Etat de régulation du nucléaire en Ukraine. Selon elle, "s'ils avaient eu des ioniseurs à hydrogène ou des ouvertures dans le toit, il n'y aurait pas eu d'explosion ou de radiations aussi graves. Il y a eu des erreurs humaines".
Plus de cinq ans après la pire catastrophe nucléaire depuis trois décennies, le débat sur ses conséquences se poursuit toujours, mais le Premier ministre Shinzo Abe a affirmé à la communauté internationale que la crise était "totalement sous contrôle" lorsque le Japon a présenté en 2013 sa candidature aux Jeux olympiques de 2020.
Il est évident que près de 200 tonnes d'eau hautement contaminée s'écoulent librement chaque jour dans l'océan Pacifique et que l'opérateur de la centrale, Tokyo Electric Power Company (TEPCO), ne peut toujours pas empêcher la fuite d'eau contaminée dans les conteneurs improvisés.
TEPCO a lancé en mars un projet ambitieux visant à geler le sol pour créer un rempart de glace permettant de contenir ces fuites. Mais des médias nippons ont souligné que les effets sont incertains, car un tel projet est sans précédent sur une échelle aussi vaste.
Selon une recherche de l'université de Fukushima, environ 3.500.000 milliards de becquerels de césium-137 ont contaminé le Pacifique depuis le début de la catastrophe et cette matière radioactive a atteint la côte ouest de l'Amérique du Nord(...)
En dépit de tous ces troubles provoqués par la crise, le gouvernement japonais se montre pourtant impatient de redémarrer les centrales nucléaires inactives du pays.
La centrale nucléaire de Sendai sur l'île de Kyushu (sud) a rouvert en novembre dernier malgré l'éruption d'un volcan tout proche. Elle se trouve également près de la préfecture de Kumamoto, qui a été frappée par plusieurs forts séismes.
La majorité des Japonais s'opposent au redémarrage des centrales nucléaires, contre 30% qui y sont favorables."
Bref, tout est sous contrôle... C'est sans doute pour ça qu'on n'en parle plus chez nous...




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